Faire le deuil
d’un animal aimé,

un chemin difficile

Faire le deuil
d’un animal aimé,

un chemin difficile

Vous venez de perdre votre compagnon animal. Chien, chat, oiseau, rongeur ou d’une autre race, vous avez partagé avec lui une relation affectueuse, longue et riche.

Car pour vous, il ou elle n’était pas un animal de compagnie mais un membre de votre famille, un compagnon de vie.

Et aujourd’hui, vous êtes en deuil et vous souffrez. Quel chemin spécifique pour le deuil d’un animal ? En quoi est-il semblable, ou différent du deuil d’un être humain ?

Nous vous proposons des pistes qui pourront vous aider à surmonter cette épreuve.

De l’utilitaire à l’affectif, le nouveau statut de l’animal

Si aujourd’hui le décès d’un animal familier est aussi difficile, c’est que son statut a considérablement changé. Jusqu’au XXème siècle, le deuil d’un animal ne pouvait se comprendre que pour les rares privilégiés qui avaient la possibilité de posséder un animal sans autre utilité que la compagnie.

Certes, les chiens et les chats, notamment, sont les compagnons de l’homme depuis l’antiquité. Mais ils avaient avant tout une fonction déterminée selon leur race. La tendresse et l’attention étaient majoritairement exclue, comme elles l’étaient souvent dans les rapports entre les êtres humains.

Mais avec l’évolution de la société, l’urbanisation et l’éloignement de la nature, le rôle des animaux domestiques a évolué. D’ailleurs, une modification du Code civil de 2015 les définit désormais comme des « êtres doués de sensibilité ». Et non des choses possédées comme c’était le cas jusqu’alors. Et comme ça l’est encore pour les animaux dits « de rente » ou sauvages.  Aujourd’hui, la relation affective a succédé à l’utilitarisme. Et l’attachement fort à un compagnon animal entraîne un deuil lors de sa disparition.

Un deuil réel…

Nos compagnons font partie de notre vie quotidienne et familiale. Souvent, nous leur donnons des noms qui sont des prénoms de personnes. Et les nouveaux Marcelle, Basile ou Eliott sont plus proches de nous que certains membres de nos familles. De plus, dans une société qui place la mort des humains à l’hôpital et les défunts loin des foyers, le décès du compagnon animal représente souvent la première expérience de la mort. Surtout chez les enfants. Et ceci augmente d’autant la difficulté à faire face.

…mais très peu reconnu

En fait, le deuil d’un compagnon animal est encore plus minimisé que celui d’un être humain. Alors que, dans certains pays, des congés sont accordés aux salariés pour le décès d’un animal, c’est loin d’être le cas en France. Mais comment s’en étonner dans un pays qui prévoit 3 jours de congés pour le décès d’un conjoint ou d’un parent ? Le décès et le deuil étant plus ou moins niés collectivement, il n’est pas surprenant que les proches soient maladroits ou indifférents au décès d’un compagnon animal. Cependant des phrases telles que « ce n’était qu’un animal » ou encore « tu devrais en prendre un autre », loin de consoler, renforcent la douleur et la solitude.

Les circonstances du décès, facteur aggravant ou apaisant

Selon les circonstances du décès, le deuil d’un animal pourra être vécu de manière plus ou moins traumatisante. S’il s’agit d’un accident, d’une maladie fulgurante ou d’un décès naturel soudain, le choc aggrave la douleur de la perte.

Dans les cas d’une euthanasie, autorisée pour les animaux en France et toujours effectuée par un vétérinaire, la différence intervient entre un acte souhaité ou subi. Dans le premier cas, le fait de décider d’arrêter les souffrances peut être une source de soulagement.

En effet, en évitant des douleurs inutiles à un compagnon trop âgé et/ou très malade, on l’accompagne avec amour et empathie. Si c’est au contraire la situation qui impose ce choix, la culpabilité peut aggraver le deuil. Et c’est dans ce type de cas que le rôle du vétérinaire et des professionnels des services funéraires : expliquer, rassurer et accompagner, devient primordial.

Les étapes du deuil, des repères sur le chemin

Établies par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, les 5 étapes du deuil ne représentent pas un modèle absolu. Ces différentes étapes peuvent survenir dans un ordre différent, ou ne pas se produire. Cependant, elles se fondent sur de nombreuses observations de personnes en deuil d’un être cher. Et s’appliquent à toutes les sortes de deuil, d’un être humain ou d’un animal.

Au moment de la mort, le monde extérieur peut disparaitre. On se réfugie alors dans le mutisme et une apparente indifférence.

D’autres pleurent sans pouvoir s’arrêter ou répètent le nom du disparu sans que rien ne puisse les calmer. Certains encore refusent de croire ce qui arrive. Et vont continuer à parler du disparu comme s’il allait était encore là ou allait guérir.

Le vétérinaire ou les professionnels des services funéraires peuvent aider la personne à prendre progressivement conscience de la réalité.

On reproche au disparu d’être « parti ». On s’énerve contre ses proches, contre le vétérinaire qui n’aurait pas fait ce qu’il fallait, contre son équipe.

Cette attitude cache souvent une intense culpabilité qui doit être levée avec le vétérinaire et/ou avec les professionnels des services funéraires. A la bonne distance entre respect et empathie.

En fonction de ses croyances, cette étape consiste à vouloir négocier avec des forces supérieures une autre réalité. Il s’agit là d’une autre forme de déni.

L’entourage ou les professionnels des services funéraires peuvent aider à accepter la réalité, notamment en parlant des démarches concrètes liées au décès.

Cette étape, lorsqu’elle se produit, révèle également une culpabilité forte.

Lorsque la réalité est acceptée, le sentiment de perte et de solitude s’installe.  On réalise que la vie vécue avec le compagnon animal est perdue à jamais. Que les joies, les habitudes et les rituels de vie ensemble sont terminés.

La tristesse, les pleurs sont normaux à ce stade. Mais s’ils durent dans le temps, la dépression guette. Dans ce cas, une aide psychologique ou un groupe de soutien peuvent s’avérer utiles.

Attention à ne pas céder à la tentation d’accueillir un nouvel animal à ce stade. Qui risquerait alors de devenir un compagnon de substitution et d’en souffrir.

On accepte petit à petit que le passé est derrière nous et ne reviendra jamais. Que nos habitudes de vie ont changé

C’est le moment où la douleur vive fait place au souvenir apaisant. Où le deuil d’un animal fait place à la mémoire de la relation. On se réconcilie avec le déroulement de la vie et on fait la paix avec sa culpabilité éventuelle.

Alors on peut envisager d’accueillir un nouveau compagnon et de l’accepter tel qu’il sera.

Pour une nouvelle vie et de nouvelles joies.

Des aides pour mieux vivre son deuil

De l’annonce du décès au mois qui suivent, certaines actions peuvent aider à mieux traverser l’épreuve du deuil d’un animal. D’un compagnon de vie auquel on était très attaché. Avec l’aide du vétérinaire et des professionnels des services funéraires animaliers, le parcours du deuil peut être moins difficile.

  • Si le décès est prévisible ou prévu, le vétérinaire aura un rôle important dans son acceptation. En expliquant pourquoi l’euthanasie est nécessaire, il réduira à la fois le choc et la culpabilité. De leur côté, professionnels des services funéraires animaliers pourront préparer un hommage avec les proches. Ainsi que la destination du corps ou encore les objets du souvenir.
  • Pour le vétérinaire, expliquer clairement aux proches les causes du décès est important. Prendre le temps, parler clairement avec des mots simples pourra apaiser la douleur et diminuer la culpabilité.
  • Pour les proches, voir le corps de l’animal décédé peut aider à accepter la réalité. Cela sera d’autant plus apaisant lors d’un hommage organisé autour d’objets symboliques, dans un cadre adapté.
  • D’autres moyens de s’apaiser existent. La création d’un album photos, le regroupement de souvenirs,l’écriture d’un livre de mémoire peuvent contribuer à l’apaisement. Et à l’avancement du travail de deuil.

“ On n’a pas deux cœurs,
un pour les animaux et un pour les humains.
On a un cœur ou on n’en a pas. « 

Alphonse de Lamartine, poète français